IMAGES POUR LA COMPAGNIE K DANSE, danse contemporaine, crée par JEAN MARC MATOS
AVEC LA COMPAGNIE K.DANSE
En 1968 à la faculté de RANGUEIL à Toulouse, j’ai rencontré un groupe d’expression corporelle auquel je me suis joint. Depuis des années, je m’intéressais au spectacle, vivant, au théâtre, et j’avais suivi de nombreux stages avec des comédiens professionnels, dans le cadre de mes activités aux CEMEA. Dans cet atelier d’expression corporel, j’ai rencontré Jean Marc MATOS, étudiant à l’INSA, un ingénieur en devenir, mais qui était passionné par la danse contemporaine. Il a quitté Toulouse, est allé aux États-Unis, a rencontré et a travaillé avec Merce Cunningham. Quelques années plus tard de retour à Toulouse, il a fondé sa compagnie, en 1983, sous le nom de K Danse. J’ai été un de ses admirateurs et en 1994, après avoir vu mes expositions et mes travaux, il m’a proposé de créer des images pour une nouvelle création qui s’appelait « l’Ane Rouge ». J’avais déjà une maîtrise avancée dans les images de synthèse, je maîtrisais, Photoshop, la photographie, la sérigraphie, la vidéo. Après de nombreux essais, des discussions, nous sommes arrivés au choix du fondu-enchaîné numérique. Le choix s’est porté sur un ensemble de six projecteurs de diapositives, des Kodak Carrousel. A l’époque, c’était un choix qui nécessitait énormément de matériel, une très lourde installation, et un long travail, d’une part de fabrication des images sur ordinateur, images photographiées avec un Imageur, pour en réaliser des diapositives, lesquelles étaient projetés dans ces carrousel. Il y avait donc 6 paniers de 80 vues par spectacle, plus quelques dizaines d’autres pour des corrections éventuelles.Pour IRMA j’ai réalisé plus de 630 images. J’avais trouvé un collègue qui enseignait dans un lycée technique au Havre, et qui avait fabriqué des interfaces qui se branchaient sur les Carrousel, et qui étaient commandées par un ordinateur qu’il fallait programmer en MS Dos, ce qui représentait plusieurs centaines de lignes de code. Je m’étais formé à cet encodage, ce qui veut dire que pour un spectacle il fallait créer au minimum 400 à 500 images, les choisir, ensuite synchroniser les projecteurs, synchroniser les images sur la musique crée par des amis musiciens, et proposer tout ce travail aux danseurs sous la direction du chorégraphe Jean Marc MATOS, d’où de multiples corrections d’images et d’encodage . C’est ainsi que j’ai réalisé entre 1994 et 2001 une dizaine de spectacles. Mais l’évolution technologique a fait progressivement abandonner ce dispositif, au profit de la VIDEO qui devenait abordable. J’ai donc cessé la fabrication de ces images et j’ai filmé de nombreux spectacles, en vidéo pour la compagnie. Jean Marc MATOS s’est tourné ensuite vers d’autres technologies, d’autres logiciels, d’autres réalisateurs, et c’est ainsi que s’est terminé notre collaboration. Bien entendu nous continuons à nous voir, à savoir ce que fait chacun d’entre nous. Et en 2026, il n’est pas exclu qu’un projet nouveau puisse voir le jour, après avoir retrouvé des centaines d’images de cette époque sous la forme de fichiers informatiques aujourd’hui très difficile à lire, mais aussi sous la forme de plusieurs centaines de diapositives retrouvées presque par hasard. Avec Jean Marc, nous avons visionné environ 300 images et nous avons estimé que les thèmes abordés à l’époque étaient toujours d’actualité, peut-être même encore plus, qui s’agisse du devenir de la planète, de l’évolution de la société, du profit au détriment du créatif, la raison du plus fort, etc. De mon côté j’ai trouvé certaines images suffisamment intéressantes pour envisager d’une part la création d’un livre, et d’autre part l’intégration de certaines de ces images dans mes travaux actuels. J ‘ai été surpris par certaines d’entre elles, que j’avais même oublié. Cette mise à jour était inattendue, mais je pense qu’elle sera féconde.